01 - 02 - 03 BARRAGES

Créé 16/10/10
MAJ 08/10/18

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Barrage de l'Aigle sur la Dordogne
Commune en rive Gauche Cours d'eau Commune en Rive Droite
Chalvignac (15) Dordogne Soursac (19)
Concession Construction Hauteur Longueur Retenue Altitude
EDF 03 1940 à 1945 95 m 289 m 25 km 332 m

Barrage de l'Aigle, 13/10/10 - Photos Jean Fioroni
Album photos ----- Visite du barrage de l'Aigle


04/09/10 - Photo Jean Fioroni

Voir + de photos


IGN 1984
N 45.14.37,3 - E 002.13.31,6

L'usine du barrage de l'Aigle
est située au pied du barrage.

Belvédère sur le barrage sur la D16.
(voir l'index des belvédères)



Le poste de distribution est situé au Breuil,
sur la commune de Soursac (19).


En amont du barrage la retenue du barrage de l'Aigle reçoit les eaux :

1) de l'Auze via une conduite forcée
venant du barrage des Esprats,

2) de la Luzège via une conduite forcée
venant du barrage de la Luzège et se déversant
au niveau du Pont de Lamirande.

3) du Pont aubert via un captage vertical
au barrage éponyme
et relié à la conduite forcée précédente (en 2).



Le barrage de l'Aigle est situé sur la Dordogne entre les départements
de la Corrèze (19) et du Cantal (15).
Il a été construit de 1941 à 1945. Hauteur 95 m, longueur à la crête 290 m, épaisseur à la base 47,50 m,
volume d'eau retenu 230 000 000 m², productibilité 500 millions de Kwh à l'aide de 5 turbines.


25/07/01 - Vidange du barrage de l'Aigle - Photo JG pour ces images

Nauzenac, village englouti sous la Dordogne

Le barrage de l'Aigle est situé en partie sur la commune de Soursac (19) et en partie sur la commune de Chalvignac (15). Sous ses eaux sont angloutis une église, un cimetière et un pont .

Le concepteur de cet ouvrage est André Coyne, associé à un prisonnier évadé, André Decelle, lui même ingénieur aux Ponts et chaussées et qui devint directeur général d’EDF. Deux autres personnes ont dirigé la construction du barrage : les architectes Brochet et Chabert. Les travaux ont été retardés pour ne pas céder l’ouvrage à l’ennemi (il devait être terminé en 1942).

L’Aigle (nom qu’on lui a donné d’après une légende qui disait que des aigles nichaient sur le rocher surplombant le barrage), a été inauguré le 15 octobre 1945. Le Groupe 4 a été mis en service ce jour même, puis le Groupe 3 en 1947, ensuite le Groupe 2 en 1950 et le Groupe 1 en 1956. L’Aigle a été suréquipé d’un groupe déporté à 100 m en aval du barrage, appelé Groupe 6, mis en service en 1982.

La retenue reçoit les eaux de la Dordogne, complétées en rive droite par celles de la Luzège, du Vianon et de l’Aubre et en rive gauche par celles de l’Auze et de la Vergne, captées et restituées dans la retenue.

Le barrage est une belle réussite architecturale. Il est de type poids-voûte, surmonté d’une route et son parement amont forme un cylindre vertical de 150 mètres de rayon. Les deux évacuateurs de crue équipés chacun de deux pertuis débouchent dans deux déversoirs qui, grâce à leur profil en saut de ski, permettent de projeter l’eau à plus de 50 mètres du bâtiment et permettent l'écoulement de 4 000 m³ d'eau par seconde. Le tronçon terminal de forme hélicoïdale bascule la lame d’eau dans un plan presque vertical, ce qui permet une large dispersion du flot et donne aux lâchures un aspect très spectaculaire (capacité maximale d’évacuation : 3 800 m³/s).

La retenue, d’une capacité totale de 220 millions de m³, a une superficie de 750 hectares et 25 kilomètres de longueur. La hauteur de chute maximale est de 80 mètres.

L’usine ne forme qu’un seul bloc avec le barrage et les déversoirs qui la coiffent. De forme semi-circulaire, elle abrite quatre groupes principaux disposés en arc de cercle équipés de turbines Francis à axe vertical d’une puissance nominale de 54 MW chacune. En 1982, l’aménagement a été équipé d’un cinquième groupe principal numéroté G.6 (le groupe auxiliaire étant numéroté 5), il est également équipé d’une turbine Francis. Sa puissance nominale est de 133 MW. L’usine contenant le groupe 6 est située en rive droite, dans le département de la Corrèze à environ 100 mètres en aval du barrage.

Une ligne évacue l’énergie des 5 groupes principaux vers le poste du Breuil distant d’un kilomètre.

Sources : Visite personnalisée du barrage de l'Aigle et Internet

Le barrage de l'Aigle est pourvu de 6 machines dites groupes. Cing groupes à l'intérieur même du barrage (G1, G3, G3, G4, G5) et un groupe hors barrage (G6).


Schéma par Jean Fioroni

13/10/10 - Karyn Vidal (CDICI)
enregistrant le commentaire
de la visite.


13/10/10 - préparation de la
visite du barrage de l'Aigle
autour de la coupe dans l'axe d'une machine.

Merci à Arnaud Courbet,
Directeur du Barrage de l'Aigle,
pour cette exceptionnelle visite personnalisée aux
Carnets d'ICI
jusqu'aux plus profond du barrage (exhort).


Voir page de la visite du barrage de l'Aigle le 13/10/10


11/06/15 - Le poste de distribution électrique du Breuil - Photo Jean Fioroni

Le barrage de l'Aigle est aussi appelé " le barrage de la Résistance". En effet, il fut construit durant la seconde Guerre mondiale. Le rocher de l'Aigle forme un obélisque en relief sur la rive gauche (de la rivière dordogne) dont la paroi verticale plonge jusque dans le lit de la rivière. Le barrage a été implanté légèrement en amont de ce verrou. L'idée directrice du projet était de réunir en un seul bloc les ouvrages ayant différentes fonctions - barrage proprement dit-usine-déversoir superficiel- pour réduire l'emprise, le volume des matériaux et le prix des travaux. C'est pourquoi le toit de l'usine, insérée au pied du barrage, sert de support aux 2 tremplins en saut de ski des évacuateurs de crue. (1)

Le marché principal pour la construction de l'ouvrage et de l'usine fut conclu en juillet 1939. Au plus fort de l'activité, 1500 personnes participaient à l'ouvrage.

Le barrage de l'Aigle, c'est avant tout le chantier de la Résistance. Après l'armistice de 1940, André" Coyne ( X 1910), Marcel Mary ( X 1921) et André Decelle (X 1929) organisent la résistance à l'ennemi, afin que l'ouvrage en cours de construction ne puisse profiter à l'effort de guerre allemand et ce souvent dans des conditions difficiles. Ils s'attachèrent à retarder les travaux. Le débarquement allié en 1944 allait permettre de rattraper le retard et en 1945 la mise en eau débuta à la mi-juin. En 1982, il sera équipé d'un groupe supplémentaire.

(1) Source : S. Floirat : La Dordogne , la Rivière asservie, les Grands Barrages" Editions Les Monédières, 1ère édition 1991, réédité en 2008)
.



Nauzenac - Carte postale de la Corrèze Illustrée

La retenue du barrage de l'Aigle a englouti les villages de Saint Projet et de Nauzenac (1).


(1) Une crue exceptionnelle dans la nuit du 7 au 8 décembre 1944 fit monter les eaux de 35 m
en quelques heures, noyant à Nauzenac (2) deux habitants restés au village.


(2) Voir page : balade du 11/06/15 avec Carolina E. Santo Ollu
à l'occasion de sa grande marche de Nauzenac* (19) à Ubaye (04).
* Nauzenac, village englouti sous la retenue du barrage de l'Aigle


Le Barrage de l'Aigle - Fief de la Résistance.
Source Internet

En 1930 , on avait sondé et reconnu l'emplacement de ce qui deviendrait le Barrage de l'Aigle. Débutée en 1935 , la construction du Barrage n'a été terminée qu'en 1945. Fief de la Résistance, il reste le lieu symbolique des 'Anciens du Barrage et de ses Maquis' qui ont volontairement retardé sa réalisation pour ne pas donner une puissance énergétique supplémentaire aux Allemands.

La Résistance avant d'être un engagement fut un état d'esprit. Le chantier de l'Aigle, dès ses débuts , accueillit parmi ses travailleurs des personnes qui avaient toutes les raisons de détester l'Allemagne du moment et l'idéologie qu'elle incarnait : des prisonniers évadés, des militants anti-fascistes venus d'Espagne, d'Italie, ou d'ailleurs... Bref , un ferment favorable qui, plus tard, avec l'arrivée soucieux d'échapper au travail obligatoire en Allemagne, allait pouvoir se développer.
C'est à Clermont Ferrand, au sein des bureaux de la 13ème Région Militaire que prit forme l'Organisation de la Résistance Armée.

Un minimum de personnes seraient au courant des objectifs de la mission et des obligations y afférent:
- faire constituer clandestinement en prévoyant l'utilisation du matériel des entreprises et de leurs personnels les plus sûrs, un centre d'accueil pouvant assurer le fonctionnement d'un Etat Major de commandement opérationnel avec les liaisons et la protection nécessaires;
- créer, en principe à l'insu des intéressés de rang, des unités combattantes légères dotées de moyens de transport permettant d'agir contre l'occupant en protégeant les barrages et en participant à la poursuite;
- ne rien dévoiler de l'organisation et n'entreprendre aucune action visible avant instructions formelle ou soulèvement national;
- maintenir un contact direct avec les officiers venus à Mauriac.

L'organisation de la Résistance du Barrage constitua l'O.R.A. du Cantal.
1940, le matériel militaire fut dissimulé de manière à figurer dans l'état des inventaires propres au chantier.
La deuxième étape de l'O.R.A. débuta par un repas pris à Mauriac à l'Hôtel de la Gare qui constitua une sorte de centre d'accueil pour les activités officielles ou clandestines gravitant autour du chantier de l'Aigle.
L'O.R.A. s'affirmait vigoureusement apolitique faisant confiance à la démocratie une fois retrouvée pour la mise au point de nouvelles institutions après le départ des Allemands, évitant tout ce qui pouvait se rattacher à une levée en masse prématurée faute d'armement suffisant et rejetant dans un premier temps toute action trop voyante qui comporterait des risques de représailles.

Au début de 1943, si le choix et l'organisation de camp d'accueil et de formation pour un millier de volontaires peut attendre, la priorité restait pour l'O.R.A. cantalienne de se procurer des armes à l'échelle des besoins réclamant des parachutages. Pour cela le groupe de la résistance du Barrage de l'Aigle devait faire transiter ses demandes pressantes par les services de l'O.R.A. à Clermont Ferrand dans des conditions difficiles.

L'équipe de parachutage allait être créée. Il fallait prévoir un certain nombre de réceptions pour en communiquer l'emplacement à Londres, aux alliés. Londres demanda à l'O.R.A. régionale d'organiser toutes les nuits la garde d'un terrain de secours où les avions ayant des difficultés avec le terrain destinataire pourraient larguer les containers affectés à la région. L'O.R.A. régionale délégua cette mission au groupe du Barrage. Un terrain situé aux environs d'Anglards de Salers, à bonne distance de Mauriac, fut proposé.

Le premier parachutage destiné au Barrage de l'Aigle eut lieu dans la nuit du 12 au 13 août 1943 au terrain de la Forestie. Le message radio annonçant le largage fut 'Orion pavoise le ciel'.
Par la suite , les parachutages se succédèrent :
- novembre 1943 : 'la prairie est une dame verte'
- décembre 1943 : 'la sauterelle est un animal nuisible'

Ce fut tout pour la période de clandestinité , les parachutages suivant n'auront lieu qu'après le débarquement.
La période de clandestinité fut pour l'O.R.A. du Barrage de l'Aigle, un temps de mise en place car la règle était d'éviter les actions trop voyantes. De ce fait, pas d'organisation très structurée. De même, au delà du noyau de départ, on ne recherchera pas d'embrigadement des résistants. Les responsables savaient avoir l'écoute du plus grand nombre des personnels, surtout après que l'on eut établi le S.T.O., le Barrage accueillant de nombreux réfractaires. Au gré des besoins, on conviait les uns ou les autres à participer à telle ou telle mission.
Hormis quelques tâches précises : réception de parachutages, dissimulation du matériel, liaison, protection des barrages et des chantiers, la vis des résistants était faite d'une série d'évènements quotidiens, le plus souvent ordinaires, parfois très inquiétants.

Par deux fois en 1943 les colonnes allemandes encerclèrent le chantier de l'Aigle, mais à chaque rafle, les responsables sont prévenus et peuvent soustraire les hommes en situation irrégulière ainsi que les maquisards blessés soignés à l'infirmerie.

Début avril 44, nouveau ratissage sur l'Aigle , mené depuis Aynes et Soursac... Echec...
Du 11 mai au 3 juin, ce sont des compagnies de régiments de sécurité qui parcourent le site et ses abords, sans plus de succès.
Le 6 juin 44, la résistance apparaît au grand jour dans le Barrage. Le 14 juillet 44, la Anglais parachutent des armes aux résistants du Barrage. Trois semaines plus tard, c'est l'engagement des combats.
Le 24 août à Saint-Poncy (Nord de Saint-Flour) c'est l'ultime bataille qui marque la libération du Cantal.
A la fin de l'été 44, arrivent à l'Aigle les 117 Allemands fiat prisonniers à Ruyères. D'autres suivront.
Les 7 et 8 décembre 44, une crue exceptionnelle oie le chantier. En juin 47, 214 prisonniers allemands travaillent encore à la construction des barrages.
La mise en eau de l'Aigle commence le 19 juin 1945 pour se terminer le 2 septembre de la même année.
Les résistants du Barrage ont également combattu en Allemagne d'où ils ne sont pas tous revenus.
Le 6 septembre 1986, avait lieu l'inauguration de la stèle souvenir sur le parapet du couronnement du Barrage de l'Aigle.



Barrage de l'Aigle, 13/10/10 - Photos Jean Fioroni
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